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Guerre au Moyen-Orient : la France va déployer des moyens militaires pour protéger le port saoudien de Yanbu, Paris veut s'affirmer comme partenaire de sécurité de Ryad
information fournie par Boursorama avec Media Services 25/09/2026 à 17:31
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Le RN et les France insoumise se sont élevés contre l'annonce par Emmanuel Macron de l'envoi de troupes et de systèmes de défense en Arabie saoudite.

Vue aérienne de Yanbu, en Arabie saoudite.  ( AFP / PATRICK HERTZOG )

Vue aérienne de Yanbu, en Arabie saoudite. ( AFP / PATRICK HERTZOG )

Dans un Moyen-Orient où les États-Unis restent l'acteur dominant, la France va déployer des moyens militaires pour protéger le port pétrolier saoudien de Yanbu. Un moyen pour Paris de diversifier ses liens dans la régions, au moment où le royaume s'interroge sur le soutien américain, et de s'afficher comme un partenaire de sécurité concret.

Annoncé en pleine campagne pour la présidentielle, l'engagement français a toutefois irrité les principaux partis d'opposition. Le président Emmanuel Macron, a annoncé jeudi l'envoi de "moyens militaires (...) des soldats, des radars, des systèmes de défense pour protéger" le site de Yanbu, sur la mer Rouge, crucial pour exporter les hydrocarbures saoudiennes en contournant le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran.

"C'est un geste politique assez fort envers Ryad, dans le contexte du récent approfondissement du partenariat franco-saoudien" signé en 2024, et après la visite fin août à Paris du prince héritier Mohammed Ben Salmane, analyse Emma Soubrier, directrice de la plateforme de recherche PRISME Initiative sur la sécurité au Moyen-Orient.

L'annonce "répond à une demande saoudienne" , selon Camille Lons, spécialiste du Golfe au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR), et Paris n'est pas la seule capitale européenne à venir en aide à Ryad, en proie aux attaques de l'Iran depuis l'est, et du mouvement pro-iranien houthi depuis le Yémen.

"Le président cherche vraisemblablement à montrer que la France peut être un partenaire de sécurité concret, à un moment où les États-Unis apparaissent plus hésitants ou imprévisibles", relève Emma Soubrier.

"Les Saoudiens sont extrêmement déçus du manque de soutien américain parce qu'ils ont des attentes beaucoup plus importantes" vis-à-vis de Washington que de Paris, renchérit Camille Lons. Au Moyen-Orient, "les États-Unis resteront l'acteur dominant mais les capitales cherchent à diversifier leurs partenariat", rappelle Danny Citrinowicz, chercheur à l'Institut d'études de sécurité nationale de l'université de Tel-Aviv.

Protéger une multitude de cibles

" Le Pakistan et la Turquie pourraient fournir des moyens de défense supplémentaires", souligne aussi Andreas Krieg, du Kings College de Londres, alors que Ryad a noué début août un accord de défense avec Islamabad et Ankara.

Les Britanniques ont de leur côté annoncé que des avions ravitailleurs viendront en appui des chasseurs saoudiens protégeant le ciel.

La nature exacte du soutien français n'est pas connu. "Nous entretenons un dialogue étroit avec le partenaire saoudien, afin d'affiner avec lui les besoins et les moyens nécessaires à la protection des installations et des infrastructures critiques", a déclaré à l' AFP l'état-major français des armées.

"Il ne s'agit pas là d'une simple mise en scène diplomatique. L'Arabie saoudite dispose de systèmes de défense aérienne sophistiqués, mais elle doit protéger une multitude de cibles face à des attaques répétées de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones. Les stocks d'intercepteurs, la couverture radar et les équipages sont tous mis à rude épreuve", observe Andreas Krieg. "Le déploiement de systèmes français supplémentaires autour de Yanbu permet à Ryad (...) de libérer des moyens saoudiens pour la défense de la capitale , de Jeddah, des bases militaires et d'autres infrastructures", explique-t-il à l' AFP .

Pour Paris et Londres, "la logique reste la même : renforcer la capacité de l'Arabie saoudite à se défendre sans pour autant participer à une campagne offensive au Yémen", selon lui.

Diversifier les relations françaises

Pour la France, l'intérêt est aussi de capitaliser sur la "crédibilité" acquise dans la région par le soutien "rapide" apporté aux Émirats Arabes Unis face aux attaques iraniennes en début d'année, affirme Camille Lons. Paris avait notamment annoncé en mars que des avions Rafale basés aux Émirats avaient mené des "opérations de sécurisation du ciel" au-dessus de bases françaises au Moyen-Orient.

Alors que "le partenariat est très fort" avec les Émirats, "c'est aussi un besoin côté français de diversifier un peu nos relations dans le Golfe , et notamment avec l'Arabie saoudite, pour éviter de mettre tous nos œufs dans le panier émirati", explique Camille Lons.

L'annonce du président Macron entend aussi "contribuer à préserver les flux énergétiques mondiaux, à limiter la pression sur les prix" à la pompe, dont souffrent aussi les automobilistes français, rappelle Emma Soubrier.

Mais, en pleine campagne présidentielle, elle a irrité dans l'opposition.

"Il ne faut pas envoyer de militaires" français , a réagi vendredi le vice-président du parti d'extrême droite Rassemblement national, Sébastien Chenu. "C'est prendre un certain nombre de risques que nous ne voulons pas prendre", a-t-il fait valoir.

"Pas question de devenir belligérant. Donc l'Assemblée doit voter sur le sujet", a de son côté déclaré le chef de La France Insoumise (gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon sur X.

9 commentaires

  • 25 septembre 20:21

    Il y a partenariats Arabie + France depuis 1920 + partenariat coopération militaire + technique renforcé. C'est être responsable d'intervenir à sa mesure dans des situations inacceptables comme les pratiquent Iran, Russie tout comme Trump au Groenland...


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